|
Dès le cinquième millénaire avant notre ère, les argiles du terroir ont été exploitées par les potiers et potières préhistoriques du Néolithique. Des fouilles ont permis de mettre à jour des vases datant de 7000 ans et considérés comme les plus anciens d'Europe Occidentale. « Dans de nombreuses grottes et sites de Salernes, ont été retrouvées des poteries anciennes confectionnées par les premiers pasteurs-agriculteurs. Essentiellement fonctionnelles et à usage domestique, ces premières céramiques étaient destinées à conserver et à cuire les aliments » .
Jusqu'au Moyen Age la production de céramiques est demeurée artisanale, fabriquée et vendue pour l’usage domestique sur la commune.
Cependant dès le XVIIIème siècle un artisanat plus « organisé » se développe notamment grâce à l’action de Jean-Joseph Cotte dont on a pu dire qu’il a lancé l'activité céramique de Salernes. Il reviendra à Paul Cotte, son arrière petit-fils, de lui donner toute sa dimension.
La pression de la concurrence étrangère n’est pas nouvelle et elle se manifesta particulièrement dans la seconde moitié du XIXème siècle.
Mais Salernes grâce à sa richesse en matières premières directement exploitables sur place pu développer une nouvelle production de fabrication simple, celle de la tomette. La facilité de fabrication et le peu de moyens nécessaires à la mise en place d'une fabrique sont les principaux facteurs de développement de cette petite industrie.
Salernes est dès lors devenue un centre de production prospère et renommé.
« Dès la seconde moitié du XIXème siècle on comptait 37 fabriques ; la construction d'une ligne de chemin de fer en 1892
a permis de créer 45 fabriques en 1900. Leur nombre est monté à 53 en 1913, ces fabriques employaient alors près de 1200 ouvriers et produisaient jusqu'à soixante millions de pièces par an ».
Les
années 50 voient apparaître une crise qui touche la tomette qui voit sa demande baisser. Loin de faire disparaître l’activité de la céramique, cette crise, véritable défi, va mobiliser les entreprises. L’appareil de production va se moderniser, de nouveaux produits sont créés faisant une large place aux émaux.
Aujourd’hui une quinzaine de fabricants perpétuent les traditions d’excellence de la production de céramiques architecturales. Par ailleurs de nombreux ateliers de poteries viennent renforcer la vocation antique de la cité. Vocation immémoriale puisque l’activité céramique est attestée il y a plus de 7000 ans comme le montrent les pièces issues de
fouilles locales et exposées au Musée Terra Rossa. |